Collecte des DASRI : obligations, tri et filières en 2026

Les DASRI désignent les déchets d’activités de soins à risques infectieux : aiguilles, seringues, compresses souillées, objets piquants ou coupants et déchets biologiques. Leur collecte obéit à un cadre strict — conditionnement normé, durée d’entreposage limitée, traçabilité par bordereau et traitement en filière agréée. Tout producteur, même occasionnel, reste responsable de ces déchets jusqu’à leur élimination finale.
Qu’est-ce qu’un DASRI ?
Un DASRI est un déchet issu d’un acte de soin qui présente un risque infectieux, ou qui peut piquer, couper ou contaminer. Le Code de la santé publique (articles R.1335-1 et suivants) en fixe la définition et les obligations. Certains déchets relèvent aussi de cette catégorie pour des raisons éthiques, comme les pièces anatomiques d’origine humaine.
Quatre grandes familles se distinguent, selon leur forme et leur conditionnement.
| Famille de DASRI | Exemples | Conditionnement adapté |
|---|---|---|
| Piquants, coupants, tranchants | aiguilles, lancettes, bistouris | mini-collecteur ou boîte jaune NF X30-500 |
| Mous souillés | compresses, pansements, gants | sac ou fût jaune à usage unique |
| Liquides | poches, tubulures, prélèvements | fût rigide étanche |
| Cultures et milieux biologiques | échantillons de laboratoire | fût rigide fermé |
Le code couleur jaune signale partout en France un contenant réservé aux déchets de soins.
Qui est concerné par la collecte des DASRI ?
Tout producteur de déchets de soins entre dans le dispositif : médecins, infirmiers libéraux, dentistes, vétérinaires, laboratoires d’analyses, pharmacies, EHPAD et établissements de santé. Les tatoueurs et les instituts maniant des aiguilles y sont également soumis.
Les patients en autotraitement forment un cas particulier. Un diabétique insulino-dépendant produit en moyenne 2 à 3 kg de déchets piquants par an : il récupère gratuitement des boîtes jaunes en pharmacie et les rapporte dans un point de collecte dédié. Pour les structures, l’organisation rejoint celle de la gestion des déchets dangereux, avec une traçabilité renforcée.
Tri et conditionnement : les règles à respecter
Le tri se fait à la source, au moment du soin, jamais après coup. Un objet piquant rejoint immédiatement une boîte jaune ; dès qu’elle atteint sa limite de remplissage, sa fermeture devient définitive et irréversible.
La durée d’entreposage avant enlèvement dépend du volume produit, selon l’arrêté du 7 septembre 1999.
| Quantité produite | Durée maximale d’entreposage |
|---|---|
| plus de 100 kg par semaine | 72 heures |
| entre 5 kg/mois et 100 kg/semaine | 7 jours |
| 5 kg ou moins par mois | 3 mois |
Le contenant d’entreposage reste fermé, signalé et séparé des autres déchets. Cette discipline rejoint la logique de tri imposée par la réglementation des déchets en entreprise.
La filière de collecte et de traitement
La collecte passe par un prestataire agréé qui assure l’enlèvement, le transport sous réglementation ADR (marchandises dangereuses) et l’acheminement vers une unité de traitement. Deux voies coexistent : l’incinération à plus de 800 °C, et la banalisation, un prétraitement par désinfection qui broie et décontamine les déchets avant valorisation ou enfouissement.
Externaliser cette étape sécurise la conformité : confier l’enlèvement à un prestataire spécialisé comme ce site de collecte dasri garantit un ramassage planifié, un contenant adapté et une traçabilité complète. Le principe reste celui de toute collecte des déchets en entreprise : un circuit documenté, du producteur jusqu’au traitement des déchets dangereux.
Combien coûte la collecte des DASRI ?
Le coût dépend du volume, de la fréquence d’enlèvement et de la zone géographique. Voici des ordres de grandeur indicatifs pour 2026.
| Profil | Solution type | Coût indicatif annuel |
|---|---|---|
| Professionnel libéral | boîtes + collecte ponctuelle | 80 à 250 € |
| Cabinet de groupe, laboratoire | contrat d’enlèvement régulier | 300 à 1 200 € |
| Établissement de santé | bennes et rotations dédiées | sur devis |
Mutualiser la collecte entre praticiens d’un même immeuble allège nettement la facture, le poste transport pesant lourd dans le devis.
Traçabilité : les documents obligatoires
Chaque enlèvement génère un bordereau de suivi (CERFA n° 11351 pour les producteurs réguliers, bon de prise en charge et bordereau de regroupement pour les petits producteurs). Ce document suit le déchet sur tout le circuit et engage la responsabilité de chaque maillon.
Le producteur conserve ses bordereaux trois ans et signe une convention avec son prestataire. Lors d’un contrôle, l’absence de traçabilité expose à des sanctions, au même titre que les autres flux de déchets réglementés.
Prochaine étape : estimer son volume mensuel, choisir un conditionnement jaune normé et signer une convention d’enlèvement avec un prestataire agréé. Un tri rigoureux dès le geste de soin reste le levier le plus efficace pour rester conforme et maîtriser le budget.


