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Pictogramme déchets dangereux : les 9 symboles à connaître

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Pictogramme déchets dangereux : les 9 symboles à connaître

Un pictogramme de déchets dangereux reprend l’un des neuf symboles du règlement CLP : un losange à bordure rouge, symbole noir sur fond blanc, qui signale l’explosif, l’inflammable, le corrosif, le toxique ou le polluant. Apposé sur chaque contenant, il protège ceux qui manipulent le déchet et conditionne la conformité de l’étiquetage.

Un langage visuel hérité du règlement CLP

Ces losanges rouges ne sortent pas de nulle part. Ils proviennent du Système général harmonisé de l’ONU, le SGH, transposé en Europe par le règlement CLP, référencé (CE) n° 1272/2008. Ce texte encadre la classification, l’étiquetage et l’emballage des produits chimiques, et s’applique à tous les produits mis sur le marché de l’Union européenne depuis le 1er juin 2015, selon l’INRS. Les anciens carrés orange, que beaucoup d’ateliers affichent encore de mémoire, ont disparu du droit à cette date.

Une précision que peu de guides donnent : le règlement CLP vise les substances et mélanges commercialisés, pas directement les déchets. Le code de l’environnement impose de son côté un conditionnement et un étiquetage adaptés pour tout déchet dangereux. En pratique, la référence utilisée par les producteurs et les prestataires de collecte reste la même : reprendre sur le contenant les pictogrammes CLP correspondant aux propriétés du déchet. C’est ce langage commun qui garantit qu’un fût est compris de la même façon dans l’atelier, dans le camion et sur le quai du centre de traitement.

Le format est normé jusque dans le détail. Chaque symbole s’inscrit dans un losange posé sur la pointe, bordure rouge suffisamment épaisse pour rester visible, symbole noir sur fond blanc. Chaque pictogramme porte un code : la mention SGH suivie d’un zéro et d’un chiffre, de SGH01 à SGH09.

Les neuf pictogrammes officiels et leur lecture

Les neuf symboles couvrent trois familles de dangers : physiques, sanitaires et environnementaux. Voici leur signification, avec les déchets d’entreprise qui les portent le plus souvent.

CodeSymboleDanger signaléDéchets typiquement concernés
SGH01Bombe explosantExplosifAérosols endommagés, résidus pyrotechniques
SGH02FlammeInflammableSolvants usés, diluants, chiffons imbibés
SGH03Flamme sur un cercleComburantNitrates, résidus d’eau oxygénée concentrée
SGH04Bouteille à gazGaz sous pressionBouteilles de gaz, aérosols non vidés
SGH05CorrosionCorrosifAcides de batterie, bains de décapage, bases fortes
SGH06Tête de mortToxicité aiguëPesticides périmés, bains de traitement de surface
SGH07Point d’exclamationNocif ou irritantPeintures, colles, détergents concentrés
SGH08Silhouette atteinteDanger grave pour la santéSolvants chlorés, résidus cancérogènes ou mutagènes
SGH09Arbre et poissonDanger pour l’environnementHuiles usagées, produits phytosanitaires

La lecture demande un peu de finesse, car plusieurs paires se ressemblent. La flamme nue de SGH02 désigne un produit qui brûle facilement ; la flamme sur un cercle de SGH03 désigne un produit comburant, qui ne brûle pas lui-même mais alimente ou déclenche l’incendie d’autres matières. Stocker les deux côte à côte revient à réunir le carburant et l’allumette.

Même vigilance entre SGH06 et SGH07. La tête de mort signale une toxicité aiguë : quelques millilitres inhalés ou ingérés suffisent à provoquer une intoxication grave. Le point d’exclamation couvre des effets moins sévères, irritation, allergie cutanée, somnolence. Le pictogramme SGH08, silhouette blanche frappée d’une étoile éclatée, complète le tableau sanitaire : il désigne les effets graves et durables, cancérogènes, mutagènes, toxiques pour la reproduction ou sensibilisants respiratoires, d’après la classification décrite par l’INRS.

Dernier point de lecture : un contenant peut cumuler plusieurs losanges. Un solvant chloré usagé portera fréquemment SGH02, SGH07 et SGH09 à la fois. L’absence d’un des trois n’est pas un détail graphique, c’est une information de sécurité manquante.

Du produit au déchet : l’astérisque et les propriétés HP

Un déchet n’est pas dangereux parce qu’il porte un losange ; il porte un losange parce qu’il est dangereux. La bascule se joue dans la réglementation européenne, qui définit quinze propriétés de danger, notées HP1 à HP15 : explosif, inflammable, irritant, cancérogène, écotoxique, entre autres. Un déchet qui présente au moins une de ces propriétés devient dangereux, et la nomenclature européenne le marque d’un astérisque sur son code à six chiffres, comme 13 02 05* pour une huile moteur usagée.

Le lien entre les deux systèmes est direct : les propriétés HP du déchet découlent des dangers CLP des produits qui le composent. La fiche de données de sécurité d’un produit neuf annonce donc, avant même la première utilisation, les pictogrammes que son résidu portera en fin de vie. Recenser vos flux avec la liste des déchets dangereux reste le préalable : sans code déchet correct, l’étiquette la plus soignée reste fausse.

Une famille échappe à cette logique : les déchets de soins à risque infectieux. Leur pictogramme, le trèfle noir du risque biologique, ne fait pas partie des neuf symboles CLP, car le danger est infectieux et non chimique. Ces flux suivent un circuit spécifique, détaillé dans le guide sur la collecte des DASRI.

Étiqueter un contenant de déchets : ce que l’étiquette doit dire

Sur un produit commercialisé, le règlement CLP impose une étiquette complète : identité du fournisseur, identificateurs du produit, pictogrammes, mention d’avertissement, mentions de danger et conseils de prudence, d’après Prévention BTP. Sur un contenant de déchets, l’esprit reste le même avec un contenu adapté au terrain.

Quatre informations forment le socle d’une étiquette de déchet exploitable :

  • La dénomination claire du contenu, en toutes lettres, jamais un sigle maison que seul l’atelier comprend.
  • Le code déchet à six chiffres avec son astérisque, celui qui figurera sur le bordereau de suivi.
  • Les pictogrammes correspondant aux propriétés de danger du contenu, tous, pas seulement le plus évident.
  • La date de début de remplissage ou de stockage, qui déclenche le décompte de la durée d’entreposage autorisée.

L’étiquette se pose dès le premier remplissage, pas la veille de l’enlèvement. Un fût anonyme pendant trois semaines est un fût que personne ne sait manipuler en cas de fuite. Ce geste s’insère dans une organisation d’ensemble, tri à la source, zone de stockage, rétention, décrite dans le guide de la gestion des déchets dangereux.

La correspondance avec les mentions de danger

Les pictogrammes ne travaillent jamais seuls. Le règlement CLP leur associe des mentions de danger, les phrases H, dont le code se lit comme une adresse : la lettre H, puis un premier chiffre qui indique la famille du danger, puis deux chiffres qui précisent sa nature, selon l’INRS.

FamilleType de dangerExemple de mention
H2xxDangers physiquesH225 : liquide et vapeurs très inflammables
H3xxDangers pour la santéH314 : provoque des brûlures de la peau
H4xxDangers pour l’environnementH410 : très toxique pour les organismes aquatiques

S’y ajoutent une mention d’avertissement unique, Danger pour les cas les plus sévères, Attention pour les autres, et les conseils de prudence, les phrases P, qui dictent la conduite à tenir : porter des gants, tenir à l’écart d’une flamme, éviter le rejet dans l’environnement.

Pour un responsable déchets, cette correspondance est un outil de travail concret. Les phrases H relevées sur les fiches de données de sécurité déterminent les propriétés HP du déchet, donc son classement, ses pictogrammes et sa filière. Un flux étiqueté H410 ne partira pas dans le même exutoire qu’un flux H225, et le choix du procédé final se prépare avec le guide du traitement des déchets dangereux.

Les erreurs d’étiquetage qui coûtent cher

Sur le terrain, les mêmes fautes reviennent d’un site à l’autre. Les repérer chez vous prend une heure, les corriger rarement plus d’une journée.

  • Le bidon réutilisé avec son étiquette d’origine : le contenant d’un détergent qui reçoit des solvants usés ment sur son contenu, double faute si le pictogramme affiché minore le danger réel.
  • Le symbole manquant sur un mélange : un déchet à la fois inflammable et écotoxique qui ne porte que la flamme prive le transporteur de la moitié de l’information.
  • Les carrés orange conservés de l’ancien système, invalides depuis 2015 : signal immédiat d’un étiquetage jamais mis à jour.
  • L’étiquette posée après coup, de mémoire, au moment de l’enlèvement : la fiabilité du contenu déclaré s’effondre, et le bordereau hérite de l’erreur.
  • Le contenant qui vieillit dehors : un pictogramme délavé ou décollé équivaut à une absence d’étiquetage lors d’un contrôle.

Ces manquements ne sont pas cosmétiques. Un étiquetage absent ou trompeur fragilise toute la chaîne de traçabilité et alimente les sanctions prévues par le code de l’environnement, qui peuvent atteindre deux ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende pour les infractions à la réglementation des déchets. Le détail des exigences applicables cette année figure dans le guide des obligations des entreprises en matière de déchets.

Afficher et former : des symboles qui ne servent que compris

Un pictogramme n’arrête aucun accident si le salarié qui le regarde ne sait pas le lire. La formation à ce langage visuel tient en peu de moyens et rapporte beaucoup : un affichage des neuf losanges avec leur signification dans la zone déchets, un passage obligé lors de l’accueil de chaque nouvel arrivant, un rappel court chaque année.

Le contenu à transmettre est modeste et concret. Reconnaître les neuf symboles, savoir que la flamme sur un cercle n’est pas un doublon de la flamme, comprendre qu’un losange supplémentaire change la façon de porter, de stocker et de trier le contenant. L’INRS met à disposition des supports gratuits, fiches et dépliants consacrés aux neuf pictogrammes, directement affichables en atelier.

Un test simple mesure la maturité de votre site : montrez trois losanges à un salarié de production et demandez la conduite à tenir pour chacun. Trois réponses justes signalent une équipe prête. Une hésitation sur le comburant ou sur la silhouette de SGH08 indique où concentrer le prochain quart d’heure sécurité.

Prochaine étape : auditer vos contenants en une heure

Faites le tour de votre zone déchets avec trois questions par contenant. Le contenu est-il nommé en clair avec son code à six chiffres et son astérisque ? Les pictogrammes affichés couvrent-ils toutes les propriétés de danger du contenu, en losanges rouges CLP et non en symboles périmés ? L’étiquette est-elle lisible, datée et posée depuis le premier remplissage ?

Chaque non devient une action de la semaine : réétiqueter, compléter, remplacer. Une heure d’audit, quelques étiquettes conformes, et votre prochain contrôle comme votre prochain enlèvement se passeront sans mauvaise surprise.

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